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mercredi 1 avril 2026

BRAHMS (3 INTERMEZZI Op.117)

Voilà l'une de mes œuvres préférées pour piano, le fameux Op. 117 de Johannes Brahms (1833-1897), qu'il a écrit tout à la fin de sa vie en 1892, de même que les six pièces suivantes Op. 118, et son ultime quatre pièces Op. 119...
C'est assez court, certes (environ 16 mn), mais extrêmement intense… Certes, la première pièce, en Mi bémol majeur, est un peu plus "gaie" que les deux autres, mais il ne faut pas oublier trop vite son passage du milieu, pour sa part en Mi bémol mineur ; 
La seconde est celle que j'adore le plus, et je crois qu'il s'agit de l'une des pièces les plus célèbres de Johannes Brahms :
Quand à la troisième, bien qu'en Do dièse mineur, c'est assez indescriptible, ce qui s'y passe :
Voilà, je crois que j'en ai dit le minimum au sujet des 3 Intermezzi Op. 117... Alors bon, je sais que la fameuse photographie de Brahms apparaît au moins trois fois, mais cela a tout de même l'avantage de préserver le même pianiste, Radu Lupu, avec en outre cette version, bien mieux, certes, puisqu'elle intègre à la fois les trois pièces, mais surtout parce qu'elle vous montre la fascinante partition :
Vous ne pourrez guère en savoir plus sur les Intermezzi Op. 117, qui très curieusement ne sont pas remplis sur la page française de Wikipédia, et très rapidement sur la page anglaise…
Sauf en la jouant vous-même, bien sûr !

mardi 15 juin 2021

BACH (DIE KUNST DER FUGE N°1, BWV 1080)

Certes, je m'y prends un peu tard, mais c'est très important - histoire de souhaiter enfin un bon anniversaire à Chah, qui est l'une de mes plus fidèles lectrices. Bon, mon interprétation au piano est sans doute un peu ancienne (2009), mais il n'empêche : il s'agit de l'œuvre la plus puissante de Johann Sebastian Bach (1685-1750), l'Art de la Fugue, bâtie dans les dernières années de sa vie (quasiment aveugle), et qui comporte quatorze fugues :
Si vous voulez en savoir plus sur cette série de pièces absolument fascinante, rendez-vous comme d'habitude sur Wikipédia... En tous cas, si vous souhaitez en écouter l'intégrale (qui dure environ 1h20), vous en trouverez toute la partition ici, interprétée au piano par Joanna McGregor, une londonienne bien connue :
Puisqu'à l'époque, cet instrument n'existe pas encore, il est évident qu'une version pour clavecin est bien plus logique - par Bob Van Asperen, natif d'Amsterdam :
Ou encore, dernière possibilité, son jeu au grand orgue - malheureusement, impossible de trouver le nom de l'interprète :

Enfin bon, vous avez maintenant toutes les possibilités... Il me reste juste à vous recommander les deux autres vidéos de Zoun où l'on me voit encore jouer du piano (et oui !), qu'il s'agisse de Brahms ou de Liszt, ou encore à tout ce que vous avez envie de savoir au sujet de Johann Sebastian Bach.
Et surtout, la raison pour laquelle je suis ici aujourd'hui : bon anniversaire, Chah, et continue à avancer dans la vie comme tu l'as toujours fait, tout à la fois très noblement, et avec grand plaisir !

samedi 24 octobre 2020

LISZT (NUAGES GRIS, S.199)

Bon, je n'ai pas TOUT joué de Franz Liszt, cela va de soi ! Que ce soit par difficultés techniques, ou par mon propre goût, parfois loin de celui du maître... Néanmoins, je penchais très nettement vers ses dernières œuvres, tout d'abord la fameuse Lugubre Gondole (1882), mais aussi l'étonnant Nuages Gris (1881), comme le montre cette version par moi-même, tournée il y a 11 ans, tout de même :




C'est une pièce tout à la fois très simple, et extrêmement courte, mais qui s'avère très innovante côté harmonique ! Ce fut d'ailleurs la raison pour laquelle Stanley Kubrick l'utilisera dans son ultime film, Eyes Wide Shut (1999), servant du reste à illustrer un passage assez macabre de Tom Cruise à l'hôpital...
Evidemment, ce n'est pas moi qui me suit filmé, mais un nommé Zoun, que l'on voit au centre de cette photographie :
Cela se passait en 2009, une très bonne année, non seulement parce que je rencontrais Zoun, mais aussi parce que je visitais en sa compagnie (et celle de la belle Elisa) la Tour Eiffel, très impressionnante, il faut bien le dire :
 
C'était à la fois la première et la dernière fois pour moi, en 2009, mais peu importe, finalement... L'essentiel en restait la vue sur Paris, tout simplement irremplaçable :
Vous pourrez en voir un peu plus sur le site PARIS ARCHIS, si cela vous dit... Mais soyez avant tout attentif au morceau Nuages Gris (seulement visible ici), laissez un commentaire si cela vous tente, et surtout, vivez bien !

lundi 5 octobre 2020

FRANCK (PRELUDE, CHORAL ET FUGUE, FWV 21)

Après Brahms, passons maintenant à César Franck (1822-1890), un compositeur français né en Belgique, qui a certes composé assez peu d'œuvres fondamentales… Mais parmi celles-ci, je me permettrais au moins de citer sa Symphonie en ré mineur (1888), ses trois ultimes Chorals pour orgue (1890), et ce fantastique Prélude, Choral et Fugue pour piano (1884), que j'ai joué plusieurs fois, notamment au concours de sortie de l'ENM, que j'ai remporté à un peu plus de vingt ans…
Permettez-moi de vous vous proposer la stupéfiante version du pianiste russe, Sviatolslav Richter, qui a son grand avantage de nous donner la partition en même temps, pour une durée d'environ vingt minutes:
C'est très bien, n'est-ce pas ?
Bien sûr, je voudrais passer un peu plus de temps à vous parler de cette forme "cyclique", mais disons juste une chose au sujet de cette œuvre : il y a cinq thèmes, mais trois sont véritablement très importants… Le premier thème, du Prélude, l'ultime thème, de la Fugue (12'), et (à mon humble avis) le plus beau de tous, le thème du milieu (6'20") et de la fin, celui du choral…
Malheureusement, YouTube ne donne pas d'extraits de l'œuvre ! Mais il vous suffira de savoir que ces trois thèmes sont d'abord exprimés séparément, au cours de chacun des trois mouvements concernés, pour finir par se retrouver tous ensemble, superposés magiquement l'un à l'autre lors d'un final grandiose, cette fois-ci en si majeur (contrairement à la tonalité de si mineur, liée au début de la pièce)…
Pour ceux qui préfèreront voir quelqu'un jouer plutôt que de lire une partition en même temps, je vous présente également cette excellente version, due à la pianiste coréenne Hwa Kyung Lee :
Pour rendre toute justice à César Franck, je devrais aussi vous faire découvrir le fameux Prélude, Aria et Final, bien plus tardif (1887) :
Celui-ci se révèle - du moins, c'est mon point de vue - un tout petit peu moins convaincant, notamment au cours de son Final… Mais c'est une opinion toute personnelle, et qui en tout cas ne vise absolument pas Alfred Cortot (1877-1962), non seulement un remarquable interprète en général, mais qui, surtout dans mon cas particulier, a donné naissance à l'Ecole Normale de Musique de Paris (ENMDP), la seule alternative possible au grand conservatoire !

mercredi 1 juillet 2020

BACH (DIE KUNST DER FUGE, BWV 1080)

Et oui, c'est la plus grande œuvre du monde, toute époque, nationalité, pays, étant confondus…
Il s'agit, bien sûr, de l'Art de la Fugue (1740-1750) de Johann Sebastian Bach, sa dernière série de 14 fugues et 4 canons, tous conçus pour un simple instrument à clavier…
Apparemment, à l'époque, il s'agissait encore du clavecin… Mais depuis, cette œuvre est bien plus souvent jouée au piano, notamment dans la version très connue de Glenn Gould, l'un des grands maîtres de cette période (attention, ceci dure nettement plus que trente minutes) :
Si, comme moi, vous préférez par contre suivre la partition, je vous conseille l'intégrale suivante - qui dure presque une heure et demie :
Je vous offre quand même deux versions originales pour clavecin, l'une interprétée par le très bon Tom Koopman :
Mais où hélas l'on ne voir rien, contrairement à cette version-ci (que j'aime personnellement beaucoup moins) :
Toujours au clavecin, la fameuse et ultime fugue N°14, au nom de BACH, qui contrairement aux deux intégrales citées ci-dessus, ne dure que huit minutes :
Enfin, cette fois, sous deux versions intégrales, à l'orgue :

Et juste histoire de finir, cette brève écoute de Jean Guillou jouant sur son fabuleux orgue de Saint Eustache l'Offrande Musicale, une œuvre également inoubliable de Johann Sebastian Bach datée de la même époque (1747)  :
Toutes les pièces dont il est question, qu'il s'agisse de celle du titre, de l'Offrande Musicale, ou encore des Variations Goldberg, sont naturellement due à Johann Sebastian Bach au cours de ses dix dernières années (1740-1750)… Qui ne sont peut-être pas les meilleures du monde pour lui (vu qu'il commençait à perdre la vue), mais le sont sans conteste pour nous, qui près de trois cent ans après sa mort, nous régalent toujours de contrepoints, de fugues et de parfums sans équivalent !

vendredi 12 juin 2020

BEETHOVEN (SONATE N°31, Op. 110)

A mes yeux (et à mes oreilles), la sonate la plus réussie des cinq dernières de Ludwig Van Beethoven, qui vont de la N°28 à la N°32 entre 1816 et 1822, soit les dernières années de sa vie (1770-1827)... Après tout ceci, y compris la très célèbre N°29, l'Hammerklavier, qui est en fait très difficile à jouer et dure plus de 45 minutes, il ne lui restait plus qu'une seule œuvre à destiner au clavier, les Variations Diabelli Op. 120, avant de conclure avec l'orchestre et le chœur sur celle que je n'ai plus besoin de citer, la Neuvième Symphonie
Sachant que Beethoven devint pratiquement sourd dès 1800, il se montra alors peu à peu misanthrope, tentant plusieurs fois le suicide, et ce n'est qu'avec la Septième Symphonie qu'il remis progressivement le pied à l'étrier… Jusqu'à ce qu'il finisse par composer ses cinq dernières sonates, toutes aussi sublimes les unes que les autres, pour différentes raisons, comme je le disais !
Celle que je préfère est bien évidemment la N° 31, mais je vous la laisse tout d'abord écouter, très brillamment interprétée par le pianiste russe Vladimir Ashkenazy (n'ayez crainte, cela dure à peine plus de vingt minutes) :
Je vais maintenant en venir aux "petits détails", qui font de cette pièce une œuvre unique…
1) Elle ne compte, en pure théorie, que trois mouvements… Mais en réalité, si l'on passe sur le premier et le second (un Moderato et un Allegro Molto), le troisième se distingue en fait par quatre parties d'une durée équivalente, Adagio et Fuga, répétées deux fois...
2) Ces quatre parties sont en fait les plus importantes de la Sonate : basée tout d'abord sur un Adagio assez sinistre, en La bémol mineur, elle ressuscite une première fois grâce à la Fuga en La bémol majeur… Mais qui se termine hélas pas comme on l'attendait, et nous redirige vers l'Adagio, cette fois-ci en Sol mineur, et bien plus terrifiant que la toute première fois ; fort heureusement, pour être projeté à nouveau en Sol majeur vers la Fuga, d'une façon à proprement parler époustouflante (sujet inversé, puis peu après à la fois démultiplié et doublé), et lorsque l'on se retrouve enfin dans la tonalité d'origine, La bémol majeur, de repartir sur le thème réel, accompagné par de saisissants sextolets !
3) Contrairement à ce qu'on pense souvent, en grande partie grâce à l'Hammerklavier précédente, cette sonate n'est pas spécialement difficile à jouer… Il y a certes quelques petits problèmes techniques de temps à autre, mais hormis le croisement de mains dans la partie centrale du second mouvement, la seule véritable difficulté de cette œuvre réside dans la compréhension de toutes les émotions exprimées, qui restent particulièrement nombreuses !
Comme hélas vous ne tirez pas tous avantage de la partition, je vous laisse voir cette interprétation toute aussi satisfaisante de Daniel Barenboïm, excellent pianiste et chef d'orchestre…
Pour être exact, le moment décisif du troisième et dernier mouvement (composé, comme déjà dit, de quatre immenses parties) se situe, pour Vladimir Ashkenazy, à 8'50", et pour Daniel Barenboïm, à 9'50"...
Que dire de plus ? Pas grand chose, à part ceci : cette sonate m'est très chère, non seulement parce que je ne suis pas loin de la considérer comme l'une des plus grandes œuvres de Ludwig Van Beethoven, mais aussi car j'ai remporté grâce à elle, ainsi qu' au célèbre Prélude, Choral et Fugue de César Franck, le grand prix de l'Ecole Normale de Musique de Paris - ce qui n'était pas rien, du moins à l'époque !

dimanche 8 mars 2020

SCRIABINE (SONATE N°9, Op. 68)

Connaissez-vous cet auteur ?
Dans ce cas, tant mieux… Car je trouve qu'il est injustement méconnu à notre époque, malgré tout ce qu'on lui doit pour le piano (10 Sonates, un grand nombre de Préludes, 26 Etudes, 21 Mazurkas) et aussi pour l'orchestre (Poème de l'Extase et Poème du Feu), ceci malgré une vie plutôt courte (1872-1915).
Né et mort à Moscou,  juste avant de connaître la venue du calendrier grégorien, Alexandre Scriabine a grosso modo patienté jusqu'autour de 1910 avant d'opter pour une forme de composition assez mystérieuse, généralement appelée "synthétique", mais qui en fait serait plus proche de la modalité que du dodécaphonisme…
Quoiqu'il en soit, ne tardez surtout pas à écouter cette Sonate N°9 (1913), dite "The Black Mass" ("La Messe Noire"), et vous verrez à quel point c'est époustouflant d'entendre une nouvelle fois Vladimir Horowitz :
Mais peut-être que vous préférez voir quelqu'un jouer du piano plutôt que de lire toute la partition…
Dans ce cas, écoutez la version plus calme de Yevgeny Sudbin, qui est aussi remarquable :
Maintenant, je réponds à plusieurs questions, que vous vous posez à juste titre :
1) Pourquoi cette œuvre s'appelle-t-elle "La Messe Noire" ? Et bien, le titre n'est pas d'Alexandre Scriabine, contrairement à "La Messe Blanche" qu'il a donné à la Sonate N°7, "de nature céleste", mais il l'a en tous cas approuvé…
2) Est-elle spécialement difficile à jouer ? Non, je ne pense pas, de même que la Sonate N°7, que j'ai également travaillée… La vraie difficulté, avec lui, provient de la célèbre Sonate N°10, surnommée la "Sonate des Insectes", parce que "Les insectes sont nés du soleil qui les nourrit. Le monde nous apparaît comme une entité quand nous considérons les chose de cette façon".
3) Est-ce que cet évènement fût réussi ? Je crois que oui, puisque qu'en dehors de la SonateN°31, Op.110 de Ludwig Van Beethoven, et du Prélude, Choral et Fugue, FWV 21 de César Franck, c'est la seule pièce dont je me souviens encore, quarante ans plus tard, lorsque je l''ai jouée au grand prix de l'Ecole Normale de Musique de Paris !
4) En quoi cette œuvre est-elle particulière ? Je reviens sur le système "synthétique", en grande activité vers l'an 1905, particulièrement remarquable par cet accord, exclusivement basé sur des quartes, toutes fondées sur les harmoniques naturels de la "gamme acoustique" (de temps à autre utilisée par Debussy et Ravel) :
Si vous savez lire une partition et jouer du piano, vous serez le tout premier charmé par cette harmonie… Par contre, si vous ne le faites pas, il vous faudra très précisément écouter l'une des deux versions citées ci-dessus (entre 4'30" et 4'08"), où cet accord se développe particulièrement ! Mieux encore (et oui), je vous invite à découvrir ce stupéfiant compositeur de musique de film, Jerry Goldsmith, qui s'est très notamment servi de cet accord plutôt rare dans Alien, un chef-d'oeuvre particulièrement connu de Ridley Scott (1979)...
Histoire de se détendre un tout petit peu, je vous propose pour finir cette toile de Robert Sterl, réalisée en 1910 :
Où se tient le pianiste Alexandre Scriabine, qui allait malheureusement mourir 5 ans plus tard, et le chef d'orchestre Serge Koussevitzki…
Si vous voulez en savoir un petit peu plus sur la Sonate N°9, rendez-vous chez Wikipédia !