Oeuvres et compositeurs

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jeudi 1 janvier 2026

FRANCK (TROIS CHORALS POUR ORGUE, FWV 38, 39, 40)

Bon, je vais parler de quelque chose d'un peu différent, aujourd'hui...
Comme chacun le sait sans doute, je suis pour Orgue un fan total de Johann Sebastian Bach (1685-1750), qui reste à mes yeux le plus grand auteur du monde… Mais cela laisse néanmoins un tout petit peu de place à Johannes Brahms (1833-1897), à Maurice Duruflé (1902-1986), à Louis Marchand (1669-1732), et surtout à César Franck (1822-1890), qui a dédié une grande partie de son œuvre à cet instrument, particulièrement ces Trois Chorals, qui datent de la toute dernière année de sa vie !
En juillet 1890, il est en effet victime d'un accident de fiacre, pas tout de suite mortel, mais qui lui fait subir une pleurésie assez inquiétante, d'où il décède au mois de novembre, boulevard Saint-Michel, à Paris… Personne ne sait si il a pu se rendre à l'église Sainte-Clotilde, pour laquelle il devait lui-même donner l'audition de ses Trois Chorals, ou bien si cela s'est avéré impossible !
En tous cas, ces Chorals apparaissent de très loin comme l'une des œuvres les plus importantes de sa vie… Tout d'abord avec le tout premier, au début comme à la fin en mi majeur, et nous pouvons bien reconnaître qu'il s'agit là du Choral le plus "optimiste" des trois, et peut-être est-ce pour cette raison qu'il se trouve en tête du trio ! Nous pouvons l'écouter là interprété par Johann Vexo sur le Casavant Organ, situé à The Brick Presbyterian Church, à New York :
A moins que vous ne préfériez l'écouter en le suivant sur sa partition, ce que vous devrez à Jonathan Holmes, sur le Viscount Sonus Organ :
Ensuite vient le second Choral, qui non seulement se révèle en si mineur une grande partie du temps, ne laissant le si majeur intervenir que dans les seize dernières mesures, mais en outre se présente très largement comme un thème et variations durant une large durée du morceau… Nous devons ceci à Petra Veenswick, qui joue à Maria Van Jessekerk, à Delft, très bien filmée par le réalisateur :
Toujours pour ceux qui préfère suivre sur la partition, nous vous donnons une nouvelle fois l'interprétation de Jonathan Holmes, de nouveau sur le Viscount Sonus Organ :
S'achève enfin le recueil avec le troisième Choral, sans doute le plus pessimiste de tous (je vous laisse en donner l'interprétation que vous en souhaiterez le plus), principalement situé dans la tonalité de la mineur, exception faite d'une partie du morceau qui se trouve en la majeur, jusqu'à ce qu'il reparte de nouveau sur la mineur, ceci jusqu'à la dernière mesure de la fin - qui, elle, va se trouver en majeur !
Je vous laisse à découvrir la superbe version de Vincent Dubois, qui est brillamment enregistrée sur l'Orgue de la cathédrale de Soissons :
Là encore, si vous préférez les partitions, vous pouvez découvrir Michal Szostak, à la Basilica of our Lady of Lichen, en Pologne :
Voilà, tout est dit, au sujet de l'ultime œuvre de César Franck… Juste une petite chose que je tenais à préciser : j'en possède le CD interprété par André Marchal, un organiste aveugle, né en février 1894, et qui a fait ce disque en utilisant l'Orgue le plus grand de la capitale, celui de Saint-Eustache, dont il était d'ailleurs titulaire - soit dit en passant !

lundi 5 octobre 2020

FRANCK (PRELUDE, CHORAL ET FUGUE, FWV 21)

Après Brahms, passons maintenant à César Franck (1822-1890), un compositeur français né en Belgique, qui a certes composé assez peu d'œuvres fondamentales… Mais parmi celles-ci, je me permettrais au moins de citer sa Symphonie en ré mineur (1888), ses trois ultimes Chorals pour orgue (1890), et ce fantastique Prélude, Choral et Fugue pour piano (1884), que j'ai joué plusieurs fois, notamment au concours de sortie de l'ENM, que j'ai remporté à un peu plus de vingt ans…
Permettez-moi de vous vous proposer la stupéfiante version du pianiste russe, Sviatolslav Richter, qui a son grand avantage de nous donner la partition en même temps, pour une durée d'environ vingt minutes:
C'est très bien, n'est-ce pas ?
Bien sûr, je voudrais passer un peu plus de temps à vous parler de cette forme "cyclique", mais disons juste une chose au sujet de cette œuvre : il y a cinq thèmes, mais trois sont véritablement très importants… Le premier thème, du Prélude, l'ultime thème, de la Fugue (12'), et (à mon humble avis) le plus beau de tous, le thème du milieu (6'20") et de la fin, celui du choral…
Malheureusement, YouTube ne donne pas d'extraits de l'œuvre ! Mais il vous suffira de savoir que ces trois thèmes sont d'abord exprimés séparément, au cours de chacun des trois mouvements concernés, pour finir par se retrouver tous ensemble, superposés magiquement l'un à l'autre lors d'un final grandiose, cette fois-ci en si majeur (contrairement à la tonalité de si mineur, liée au début de la pièce)…
Pour ceux qui préfèreront voir quelqu'un jouer plutôt que de lire une partition en même temps, je vous présente également cette excellente version, due à la pianiste coréenne Hwa Kyung Lee :
Pour rendre toute justice à César Franck, je devrais aussi vous faire découvrir le fameux Prélude, Aria et Final, bien plus tardif (1887) :
Celui-ci se révèle - du moins, c'est mon point de vue - un tout petit peu moins convaincant, notamment au cours de son Final… Mais c'est une opinion toute personnelle, et qui en tout cas ne vise absolument pas Alfred Cortot (1877-1962), non seulement un remarquable interprète en général, mais qui, surtout dans mon cas particulier, a donné naissance à l'Ecole Normale de Musique de Paris (ENMDP), la seule alternative possible au grand conservatoire !